Valoriser aussi bien l'autodétermination que l'interdépendance positive
Mobiliser les élèves en EPS : autonomie, choix et interdépendance positive
Auteur : Karen CROIZIER, professeure d’EPS (Collège Oradou, Clermont-Ferrand) et membre du "Groupe Plaisir" de l’AE-EPS.
Retrouvez l’ensemble des pistes pédagogiques du groupe Plaisir et EPS de l’AE-EPS dans la rubrique MOBILISATION sur Actibloom.
Comment intéresser les élèves en EPS ?
Cette piste pédagogique est au cœur du processus d’enseignement/apprentissage. Elle vise à :
- Multiplier les possibilités d’interaction des élèves avec :
- Le milieu (physique, matériel).
- Les autres (partenaires, adversaires).
- Laisser une marge de manœuvre aux élèves dans un cadre sécurisant pour susciter une meilleure implication.
Théorie de l’autodétermination :
Un élève s’implique d’autant plus dans une activité qu’il a le sentiment d’être à l’origine de son propre engagement.
→ L’autonomie ne signifie pas laisser-faire, mais plutôt la construction d’un cadre bien délimité avec des possibilités de choix.
Exemple : La course de demi-fond
Approche traditionnelle
- Réalisation d’un test pour estimer la vitesse de course de chaque élève.
- L’enseignant prescrit des allures en fonction d’un pourcentage de cette vitesse théorique.
- L’élève applique et court.
Notre démarche alternative
- Droit à la marche : L’élève peut choisir sa durée et sa vitesse de course.
- Objectif :
- Problématiser l’effort pour que chaque élève construise sa propre vitesse de référence.
- Éviter une approche démagogique : L’effort induit par la course prolongée reste central.
La course aux points
Situation : Course individuelle autour d’un terrain de handball.
Règles :
- L’élève connaît et maîtrise différentes allures :
- Marche (1 point).
- Trotinement (2 points).
- Sprint ou VMA (Vitesse Maximale Aérobie, optimale sur 3 minutes ou plus) (3 points).
- Il choisit un contrat de course (6’ ou 9’).
- Il ajuste sa vitesse en fonction de :
- Son niveau d’essoufflement.
- Son objectif de points.
Résultat :
En choisissant leur projet d’action et en ajustant leurs paramètres, les élèves montrent une plus grande implication et mobilisation.
Le contexte social : un levier d’apprentissage
Le groupe en EPS prend tout son sens lorsque les élèves entretiennent des relations d’interdépendance positive. Cette interdépendance :
- Maximise les apprentissages de tous les membres.
- Renforce la responsabilité mutuelle des actions de chacun.
Effets positifs de la coopération :
- Amélioration du rendement des élèves.
- Développement des attitudes scolaires.
- Renforcement des habiletés sociales et relationnelles.
Rôle de l’enseignant :
Mettre en œuvre des stratégies pour favoriser et perpétuer cette interdépendance positive.
Exemple en demi-fond : dimension collective
Même si cela peut sembler contre-intuitif, la dimension collective peut être un levier puissant de mobilisation.
Organisation :
- Course de 6’ ou 9’ entre différents binômes (un élève fort + un élève plus faible).
- Chaque binôme court à tour de rôle :
- 1 tour minimum et 4 tours maximum consécutifs (pour un tour de 120 m).
- Gestion de la course en fonction de :
- Le niveau de chacun.
- La fatigue ressentie.
- La durée restante.
- Le classement momentané.
Conclusion : Un milieu pédagogique adapté
Pour mobiliser les élèves, il est essentiel de :
- Proposer une autonomie relative :
- Laisser des choix (vitesse, durée, stratégie).
- Cadrer ces choix pour éviter le laisser-faire.
- Introduire des interactions :
- Avec le milieu (interactivité).
- Avec les autres (mutualisation, conflit socio-cognitif).
- Créer une interdépendance positive :
- Favoriser les attitudes empathiques.
- Encourager les apprentissages coopératifs.
→ En fonction de l’âge, du niveau, de la maturité des élèves et de l’activité, adapter le milieu pédagogique pour offrir des possibilités d’interactions variées.
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