Tisser des relations humaines bienveillantes et émancipatrices
Une pédagogie de la mobilisation en EPS
Piste n°1 – Tisser des relations humaines bienveillantes et émancipatrices
Groupe « PLAISIR & EPS » de l’AE-EPS
Cette piste est pour nous essentielle, voire prioritaire. Bien loin des préoccupations liées au contenu à enseigner, elle met en avant l’importance des relations humaines pour engager les élèves dans une dynamique d’apprentissage positive.
Nous pensons que l’une des raisons majeures de la multiplication des situations de mal-être, de souffrance et de décrochage scolaire, ainsi que des phénomènes de violence à l’école, réside dans la survalorisation du statut d’élève, encore insuffisamment construit, au détriment du respect de la personne, quelle qu’elle soit.
De nombreuses recherches internationales montrent le lien très fort entre climat scolaire, qualité des apprentissages et réussite.
Il s’agit d’abord de prendre en considération l’enfant ou l’adolescent avant de s’intéresser à l’élève proprement dit.
Faire exister les personnes signifie que les relations que l’on instaure dans nos classes doivent être simultanément bienveillantes et émancipatrices.
Une relation bienveillante ne se confond pas avec la gentillesse. C’est une relation qui garantit une sécurité émotionnelle, à partir d’une forme d’affection altruiste.
Cette relation, qui instaure une confiance mutuelle, doit également être émancipatrice, c’est-à-dire avoir pour objectif de permettre à l’autre de s’augmenter tout en assumant sa propre singularité.
Des élèves qui veulent être considérés
Les adolescents actuels sont tout sauf obéissants, dociles ou soumis !
Ils sont exigeants envers nos cours, notre motivation et notre enthousiasme. Ils prennent leurs responsabilités, nous jugent et nous critiquent, discutent et ne se laissent pas faire. Ils veulent vivre des réussites et être considérés.
Ils veulent enfin être appréciés et reconnus en tant que personnes.
L’enseignant doit donc éprouver et exprimer de l’empathie envers ses élèves, créer un climat social et affectif sécurisant, se montrer humain et enthousiaste dans son travail pour les entraîner.
En EPS, cela commence dès l’accueil, lors de l’appel et des trajets éventuels, mais aussi lors de l’entrée dans l’activité, et se prolonge dans le suivi des élèves.
Se poser les bonnes questions
Cette piste suscite un certain nombre de questions :
- L’enseignant est-il sensible aux émotions et au plaisir ou au déplaisir de ses élèves ? De quelle manière ?
- L’élève se sent-il exister aux yeux du professeur et des autres ?
- Dans quelle mesure le professeur a-t-il réussi à établir un dialogue avec chacun de ses élèves ?
- A-t-il construit pour la classe un environnement sécurisant ?
Concrètement, comment créer des conditions humaines garantissant un certain bien-vivre pour tous ?
Des pistes concrètes
Voici quelques exemples :
- adopter une attitude empathique, notamment avec les élèves les plus en difficulté ;
- établir une relation de confiance avec les élèves, mais aussi entre les élèves ;
- donner des feedbacks positifs et non jugeants ;
- éviter de mettre certains élèves en visibilité devant le groupe ;
- ne pas stigmatiser ni discriminer certains élèves ;
- ne pas entrer dans une spirale négative de réprimandes, et souligner en premier lieu les capacités et les progrès de chacun ;
- tolérer certains décrochages momentanés ou certaines transgressions mineures ;
- focaliser les élèves sur le travail à effectuer ;
- créer une dynamique de groupe en étant soi-même dynamique et enthousiaste ;
- faire de l’humour avec les élèves ;
- etc.
L’autorité par la relation
En fin de compte, l’autorité de l’enseignant repose sur la complémentarité de trois aspects :
Permettre à chacun d’exister, se montrer passionné par son travail et essayer d’être au maximum à l’écoute, juste et équitable envers ses élèves.
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