PLAISIR EN EPS - 4 ème Partie
Quelques principes pédagogiques pour favoriser le plaisir et éviter le déplaisir des élèves
Dernière interview d’une série de quatre réalisées avec Philippe GAGNAIRE, professeur agrégé d’EPS et membre du « Groupe Plaisir » de l’AE-EPS.
Comment favoriser le plaisir de pratiquer ?
Comment l’éducateur sportif doit-il procéder pour favoriser le plaisir de pratiquer des enfants et, surtout, éviter qu’ils ressentent du déplaisir ?
Je retiendrais trois principes essentiels, imbriqués les uns aux autres, autrement dit interdépendants, mais sans hiérarchie entre eux.
Premier principe : faire vivre l’activité comme un jeu
L’activité sportive doit être vécue par l’enfant comme un jeu et non comme une succession d’exercices d’apprentissage.
Il est d’abord là pour jouer. Il n’acceptera vraiment les exercices d’apprentissage plus spécifiques que lorsqu’il aura conscience de leur utilité pour mieux jouer.
Toute nouvelle activité doit donc débuter par des jeux ou des défis adaptés à ce que l’enfant sait déjà faire, afin d’optimiser ses ressources et ses expériences, et non par l’apprentissage d’une technique qui n’a pas encore de signification pour lui.
Deuxième principe : instaurer une relation bienveillante
L’attitude de l’éducateur à l’égard des enfants doit obligatoirement rester bienveillante, ce qui ne l’empêche pas d’être exigeant, bien au contraire.
Il est important, d’une part, qu’une relation de confiance s’établisse entre l’adulte et l’enfant et, d’autre part, que l’enfant, au cours de sa pratique sportive, se sente exister en tant que personne.
C’est un moment et un lieu où il se construit en tant que personne.
Le plaisir d’être, le plaisir d’exister, le plaisir de se réaliser et le plaisir de communiquer amènent le jeune à se développer.
Il doit vivre un moment intense qui contribuera à le fortifier psychologiquement et psychiquement.
Troisième principe : permettre rapidement de vivre des réussites
Très rapidement, l’éducateur sportif doit faire vivre aux enfants des réussites dans leur pratique.
Pour cela, il doit aménager le jeu de telle sorte que la réussite soit possible : ni trop facile, ni trop difficile.
Trop souvent, lorsqu’on demande aux élèves les raisons pour lesquelles ils n’aiment pas telle ou telle activité, la réponse est :
« Parce que je n’arrive à rien… »
« Parce que je suis nul… »
Il est donc impératif de partir du niveau réel des élèves, de leurs préoccupations, et non de ce que l’on voudrait d’emblée qu’ils apprennent.
Il ne faut pas hésiter à adapter les règles, au sens large, afin de leur permettre de vivre dès le début une expérience de réussite gratifiante.
Cette première réussite facilitera leur mobilisation dans les apprentissages futurs.
En résumé
La mise en œuvre de ces trois principes devrait, d’une part, susciter rapidement du plaisir d’agir dans l’activité et, d’autre part, laisser entrevoir un espoir de plaisir plus élaboré.
« L’engagement, le divertissement et la jubilation sont les éléments constitutifs de l’activité ludique et sportive. Aussi le jeu comme vecteur irremplaçable vers le plaisir devient porteur d’apprentissage. La triade jeu-plaisir-mobilisation offre sa puissance d’éducation. Les apports du plaisir d’agir sont cruciaux pour un enfant en construction et son futur d’adulte. »
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